Alexandra Déprez
 

Les différents types d’attachement

La recherche scientifique sur la théorie de l’attachement  est déjà ancienne (années 60) et a permis de mettre en évidence sa pertinence dans la compréhension du développement affectif et de la psychopathologie du bébé et de l’enfant.

C’est avec les travaux de Mary Ainsworth (psychologue développementaliste) dans les années 60-70 que la recherche sur l’attachement  a pris son essor. En mettant au point la situation expérimentale connue sous le terme de « situation étrange », elle a permis de mettre en évidence les réactions des bébés à une séparation non préparée d’avec leur figure d’attachement principale. Elle a ainsi démontré l’existence de différentes modalités d’attachement que peuvent mettre en œuvre les bébés pour faire face à leur détresse, et tenter de rétablir la proximité avec leur figure d’attachement.

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Ces comportements s’organisent, vers l’âge de 12 mois, en stratégies d’attachement. Trois types de stratégies d’attachement ont pu être mise en évidence dans la population normale :

- les sécures

Ce sont de enfants qui, au contact de leur donneur de soins, ont développé la certitude et la confiance que leurs signaux de détresse seront entendus, compris et recevront une réponse rapide et adéquate. Ils savent qu’en cas de difficulté, un adulte (leur parent) leur viendra en aide et que cette aide sera rapide, efficace et adaptée.

Ce sentiment de confiance leur permet de construire avec leur donneur de soins, une base de sécurité à partir de laquelle ils iront explorer le monde, apprendre, découvrir et qui leur permettra une authentique capacité d'autonomie. Ce type d’attachement qui représente environ 65% des enfants tout-venants est associé dans la recherche à de meilleures compétences sociales et scolaires des enfants.

les insécures évitants

Ce sont des enfants qui au contact de leurs donneurs de soins ont appris que pour maintenir la proximité avec leur figure d’attachement, ils devaient minimiser leurs signaux d’attachement et de détresse. Ils ne semblent pas affectés par le départ de leur figure d’attachement, ni plus intéressés par son retour. Ce sont des enfants qui ont éteint leur système d’attachement et qui semblent très autonomes. Ils ont l’air de ne pas avoir besoin qu’on les réconforte lors d’une séparation et/ou au moment des retrouvailles. Ils apparaissent se débrouiller très bien tout seuls, notamment en surinvestissant l’exploration.

Cependant la recherche a montré que, lors d’une séparation d’avec leur mère au cours de la situation étrange, ces enfants avaient un taux plus élevé d’hormones du stress dans leur salive, alors même que leur comportement ne reflétait pas ce stress.

les insécures ambivalents/résistants

Ce sont des enfants qui ont développé pour stratégie d’attachement une hyperactivation de leur système d’attachement avec une accentuation de leurs signaux. Ils ne sont jamais complètement sûrs que l’on va leur répondre en cas de besoin et que cette réponse sera adaptée. Lors d’une réunion après séparation, ils apparaissent souvent inconsolables, même par leur maman, et en colère.

Le type d’attachement que l’enfant va développer dépend  en grande partie du type de soins qu’il recevra pendant la première année de sa vie, et sera modulée par son tempérament et les évènements de vie, facteur de stress, que rencontreront ses parents. En fait à la question: « en cas de besoin, est ce que quelqu’un me viendra en aide ? », les sécures répondent « oui bien sûr », les évitants «je ne le crois pas», les résistants « peut être ».

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